OBLIGATION DE FORMATION JUSQU’À 18 ANS: LE RÔLE DES MISSIONS LOCALES

Près de 80 000 jeunes sortent chaque année du système scolaire sans aucune qualification et 60 000 mineurs ne sont ni en études, ni en formation, ni en emploi. Ils rencontrent de grandes difficultés pour s’insérer dans le marché du travail et sont les premières victimes de la pauvreté.

À partir de la rentrée 2020, afin qu’aucun jeune ne soit laissé dans une situation où il ne serait ni en études, ni en formation, ni en emploi, l’obligation de se former est prolongée jusqu’à l’âge de 18 ans. Une des mesures clé de la stratégie de prévention et de lutte contre la pauvreté, l’obligation de formation permet de repérer et d’amener vers un parcours d’accompagnement et de formation les jeunes en risque d’exclusion.

Suite au décret de la Loi « Blanquer » publiée en juillet 2019, se former est maintenant obligatoire jusqu’à 18 ans, contre 16 ans précédemment. Cette nouveauté prend effet à la rentrée 2020 et a pour objectif de maintenir 500.000 « décrocheurs » mineurs dans une démarche active d’apprentissage (estimation de l’Éducation Nationale).

L’impact du Covid-19 sur l’accompagnement.

Selon Jean-Patrick Gille, président de l’Union Nationale des Missions Locales :

« Pendant le confinement, nous avons réussi à rester en contact avec les jeunes que nous suivions déjà, à distance. Par contre, beaucoup de jeunes ont perdu le lien avec leurs établissements scolaires. […] Avec la pandémie, on ne sait pas du tout ce qui va se passer. Est-ce que les jeunes vont revenir à l’école, ou est-ce qu’il y aura un décrochage accru, spécifique au Covid-19 ? »

Article 20minutes.fr du 31/08/2020

À l’aube de cette rentrée 2020, les Missions Locales vont avancer à vue. Il va s’agir d’évaluer l’ampleur des conséquences du Covid-19 sur les jeunes en difficultés, spécifiquement les mineurs qui s’éloignaient de l’Éducation Nationale.

QUELS CHANGEMENTS AVEC L’OBLIGATION DE FORMATION ?

Les Missions Locales vont travailler de façon beaucoup plus étroite avec l’Éducation Nationale. En effet, cette volonté de nous impliquer dans le processus traduit un vrai gage de confiance et une reconnaissance de notre légitimité auprès des jeunes. Toujours selon Jean-Patrick Gille :

« On va devoir rattraper très vite les décrocheurs, quand l’Éducation nationale aura perdu leur trace. C’est d’autant plus important dans le contexte du Covid-19. Jusqu’ici, nous étions une sorte de second recours de l’Éducation nationale, qui nous envoyait les jeunes qu’elle ne parvenait à réintégrer dans le système scolaire. »

Article 20minutes.fr du 31/08/2020

UN NOUVEAU RÔLE POUR LES MISSIONS LOCALES

Véritable nouveauté, les Missions Locales vont disposer d’un pouvoir d’injonction auprès des mineurs en décrochage.

« Ce signalement peut faire peur, mais il y aura des rappels avant. Par ailleurs, l’obligation de formation sera respectée, dès lors que le jeune se sera engagé dans un dispositif d’accompagnement par les Missions Locales ou Pôle emploi. »

Article 20minutes.fr du 31/08/2020

Les solutions proposées à ces jeunes seront nombreuses : ils seront accompagnés pour définir leur projet professionnel et franchir les obstacles périphériques (santé, mobilité, logement..). De plus, le Plan Jeunes dévoilé par le gouvernement le mois dernier fait état de nombreuses aides à l’embauche pour les contrats en alternance et une augmentation du nombre de contrats aidés. Par ailleurs, ils auront six mois pour trouver un contrat d’apprentissage, en étant inscrits en centre de formation.

Enfin, ils pourront profiter de toute l’offre de service qui maille les territoires locaux avec efficacité depuis des années : l’Epide, écoles de la deuxième chance notamment. In fine, l’objectif est de maintenir les jeunes en formation, c’est ce qui nous parait primordial à long terme.

Pour retrouver l’interview complète de Jean-Patrick Gille : https://bit.ly/2DgjBtq

Pour résumer :

Pour être accompagné et orienté.

Afin de répondre aux interrogations des jeunes et de leur famille, de les informer et de les orienter, la Mission Locale est la structure de référence. Aussi, le gouvernement propose un numéro gratuit d’information : le 0 800 122 500.

Un accompagnement adapté.

– un lien immédiat avec des interlocuteurs qui connaissent parfaitement les sujets qui le concernent ;

–  une orientation rapide vers le référent le mieux à même de l’accompagner.

Des solutions variées, concrètes et réalistes.

Entretien, diagnostic de sa situation, bilan de compétences… tous les outils seront utilisés dès qu’ils seront pertinents. Le mot d’ordre pour les conseillers est qu’il n’y a pas que l’école pour préparer son avenir, d’autres dispositifs qualifiants existent : formation professionnelle, service civique, volontariat, micro-lycées, écoles de la seconde chance, dispositifs d’insertion professionnelle, etc.

Ces solutions s’appuient sur les secteurs porteurs. L’orientation proposée aux jeunes prend en compte les filières qui offrent des perspectives solides : écologique, numérique, sanitaire et social, par exemple.

Tous les professionnels mobilisés, ensemble.

État, Régions et Départements, tous les acteurs concernés travaillent ensemble pour mettre en commun leurs solutions et assurer un suivi de qualité pour chaque jeune.

Pour être accompagné par un professionnel d’une Mission locale, un numéro : A définir

nouvelles-chances.gouv.fr, une plateforme pour les parents et les équipes pédagogiques

1jeune1solution.gouv.fr, une plateforme pour les jeunes et les entreprises

La plateforme 1jeune1solution.gouv.fr a été mise en place dès novembre 2020 pour aider les jeunes à s’orienter et permettre aux entreprises de trouver le profil de jeune correspondant à leurs attentes.